Monsieur Terrasse
Le vent soufflait froid sur Lourmarin
Les platanes jetaient leurs ombres au matin
Un homme assis silencieux dans la lumière
Disait : « Rien n’est plus important que d’être sincère. »
Le bus montait lentement depuis Aix
Le ciel semblait de verre et silencieux
Au Café de l’Ormeau il restait là
Comme s’il avait oublié qui il était déjà
Une Gauloise entre deux doigts
Le temps coulait doucement dans les ruelles étroites
Les montagnes semblaient bleues au loin
Comme un souvenir d’Alger dans le matin
« Ici on m’appelle seulement Terrasse
Ni Nobel, ni écrivain qu’on embrasse
Ici seul demain compte encore
Et si le garçon gagne son match dehors. »
Monsieur Terrasse dans la lumière du soir
Entre la mer et le devoir
Entre le soleil et l’exil
Et cette phrase qui reste immobile
Monsieur Terrasse silencieux ici
Avec le vent de Provence et d’Algérie
Le monde devient bruyant, les cœurs désertés
Mais quelque part la Méditerranée continue de briller
Il parlait doucement de sa mère
De pauvreté, de soleil et de lumière
D’un maître d’école qui l’avait reconnu
Quand personne encore ne savait ce qu’il était devenu
De Sartre il parlait sans colère
Seulement fatigué, comme un homme solitaire
« Quand une idée sent les camps et la peur
Alors elle est fausse — voilà ce que je sais par cœur. »
Les boules roulaient sur la place
La fumée flottait comme une dernière phrase
Et les enfants jouaient contre le vent
Comme s’ils étaient l’avenir du temps
Monsieur Terrasse dans la lumière du soir
Entre la vérité et le renoncement noir
Entre l’espoir et le regret
Et ce désir qu’on n’explique jamais
Monsieur Terrasse dans la vallée dorée
Avec les ombres de l’Histoire dispersées
Mais dans les vignes de cette époque blessée
Vit encore un reste d’humanité
« Je ne crois pas au grand bonheur
Seulement aux instants, heure après heure
À un ami, à la mer
Et peut-être encore plus à une phrase sincère. »
« Quatre ou cinq heures dans une vie
Suffisent contre le froid et l’oubli
Contre le pouvoir et la solitude
Et cela suffit pour donner un sens à l’existence nue. »
Monsieur Terrasse, le vent d’automne revient
Pendant que le soleil disparaît au loin
Et personne ne devine cette nuit-là
Comme la vie parfois s’en va
Monsieur Terrasse rentre seul chez lui
Dans les ruelles couleur de lavande et de pluie
Le ciel brûle au-dessus du Luberon
Et quelque part joue encore un accordéon
S.
Song: https://www.ganjingworld.com/s/YmEOorXgkA
Monsieur Terrasse
Der Wind zog kalt durch Lourmarin
die Platanen warfen Schatten hin
Ein Mann saß schweigend vor dem Licht
und sagte: „Mehr als Ehrlichkeit braucht man nicht.“
Der Bus kam spät aus Aix herauf
der Himmel hing wie Glas darauf
Im Café de l’Ormeau saß er still
als hätte er vergessen, wer er sein will
Gauloise zwischen zwei Fingern
Zeit, die langsam durch die Gassen rinnt
Die Berge lagen fern und blau
wie eine Erinnerung an Algier im Grau
„Hier nennt man mich Terrasse nur
kein Nobelpreis, keine Literatur
Hier zählt allein der nächste Tag
und ob der Junge das Fußballspiel heut mag.“
Monsieur Terrasse im Abendlicht
zwischen Meer und Pflicht
Zwischen Sonne und Exil
und einem Satz, der bleiben will
Monsieur Terrasse, schweigend hier
mit dem Wind der Provence in sich und Algier
Die Welt wird laut, die Herzen leer
doch irgendwo glänzt noch das Mittelmeer
Er sprach von seiner Mutter leis
von Armut, Sonne, heißem Kreis
Von einem Lehrer, der ihn sah
als keiner wusste, dass er Schriftsteller war
Von Sartre sprach er ohne Hass
nur müde, wie ein alter Gast
„Wenn eine Idee nach Lagern riecht
dann ist sie falsch — mehr weiß ich nicht.“
Die Boulekugeln auf dem Platz
der Rauch hing still wie ein letzter Satz
Und Kinder spielten gegen den Wind
als ob sie die Zukunft der Welt noch sind
Monsieur Terrasse im Abendlicht
zwischen Wahrheit und Verzicht
Zwischen Hoffnung und Verlust
und einer nie erklärten Sehnsucht
Monsieur Terrasse im goldenen Tal
mit den Schatten der Geschichte überall
Doch in den Weinbergen dieser Zeit
lebt noch ein Rest von Menschlichkeit
„Ich glaube nicht ans große Glück
nur an Augenblicke Stück für Stück
An einen Freund, an das Meer
an einen guten Satz vielleicht noch mehr.“
„Vier oder fünf Stunden nur
genügen gegen jede Spur
von Kälte, Macht und Einsamkeit
das ist genug für eine Lebenszeit.“
Monsieur Terrasse, Herbstwind weht
während langsam die Sonne untergeht
Und niemand ahnt in dieser Nacht
wie kurz das Leben manchmal wacht
Monsieur Terrasse geht heim allein
durch Gassen aus Lavendelstein
Der Himmel brennt über dem Luberon
und irgendwo spielt noch ein Akkordeon
S.